L’humanité célèbre la journée internationale de la paix chaque 21 Septembre. Au niveau local, les acteurs artistiques utilisent leur potentiel à la quête de la paix et la cohabitation pacifique. A travers des pas des danses, des chansons, la peinture, les questions de cohabitation transforment l’art local en acteur engagé pour les nobles causes par des messages transformatifs.
La tolérance, la résilience et l’espoir sont des messages au cœur des productions d’Emile Cintwali. Alors qu’il offre des ateliers en communication à travers le dessin, chaque œuvre, confie-t-il, prône l’union comme valeur nécessaire dans les communautés en conflit dans la région du Kivu.
La peinture qui narre des histoires
Formateur en dessin et encadreur, ce directeur de Cosmos Art Center capitalise les notions de valeurs communautaires en interagissant avec les enfants des quelques orphelinats, dont il s’est rendu en partie responsable. Ses formations transmettent des appels de paix et de réconciliation. Il illustre la résilience des communautés face aux conflits et encourage l’unité et la compréhension mutuelle.
Ses œuvres marient la valorisation d’une coexistence pacifique entre nations. Des productions en papiers mâchés, il reste convaincu que ces formes d’art permettent d’exprimer des émotions, de raconter des histoires et de partager des messages qui réconcilient et contribuent à la construction d’une culture de la paix.
La communion à travers la danse
Pour prôner la paix et la cohésion entre communautés, l’artiste Philomène Kungwa crée des espaces d’interactions artistiques. En approchant ses compères, elle aborde des questions du vivre ensemble. Cette danseuse contemporaine partage sa croyance ferme que l’union artistique qu’elle initie peut créer une société stable, épanouie et pacifique pour tous en usant de la danse.
Ses pensées portent un accent sur la paix dans le milieu professionnel et communautaire : « nos productions abordent des thématiques liées sur la promotion de la paix et la cohésion, mais aussi en travaillant nos productions ensemble avec les autres, nous pouvons mettre fin aux conflits ».
La musique comme canal d’éveil communautaire
La plume engagée, mêlée à la mélodie est capable de transpercer les barrières géopolitiques et culturelles. La musique, quatrième art est pour l’artiste engagé Parfait Karagi dit Pf Shujaa un canal de sensibilisation et d’éveil social.
Lorsqu’elle porte un message utile aux communautés, elle devient une arme interpellative. Cet artisteappelle à la responsabilité individuelle et la recherche collective de la paix par des voies pacifiques. Pardes paroles porteuses d’espoir et de rythme sensible, Pf Shujaa cherche à toucher les jeunes qui sont un moteur du changement positif.
« J’aborde des situations réelles ; les conflits intercommunautaires, les violences, les exclusions pour dénoncer les causes et proposer des pistes de solution. Je véhicule des messages d’unité et d’amour, la justice sociale, la réconciliation nationale et les responsabilités individuelles. Par exemple, dans certaines chansons, je rappelle l’importance du dialogue pour résoudre certains conflits », témoigne-t-il.
La scène artistique de Bukavu rayonne par des acteurs qui mettent leur savoir au profit de la population. Etant de porte-étendard de nos communautés, les artistes unissent, dénoncent les injustices sociales et conscientisent pour les causes de paix.
Kathia AMINA